Mais nous préferons être honnêtes. L’hôpital ne se fera pas à Chamarges.
La direction de l’hôpital et la mairie ont signé une promesse de vente pour le terrain de Chanqueyras, marquant clairement l’engagement de l’ensemble des acteurs concernés à avancer sur ce dossier. Rien n’obligerait la direction à signer la semaine passée, avant les résultats du second tour, si elle envisageait encore de changer de lieu.
La mention de clauses suspensives est tout à fait normale, c’est même une obligation légale.
Le terrain de Chamarges ne permet pas d’y implanter un hôpital : il est protégé en tant que Site Patrimonial Remarquable (SPR). Contrairement à ce que beaucoup affirment, une SPR ne se « lève » pas d’un coup de baguette magique. C’est un processus long, extrêmement aléatoire. Cumulé avec la loi ZAN (qui prévoit des exceptions, mais elles ne s’appliquent pas à un projet d’hôpital comme celui du Diois) et au classement des terres de Chamarges en Zone Agricole, il est voué à l’échec.
Il faudrait notamment prouver qu’il n’existe aucune autre alternative à Chamarges – or les alternatives existent. Alors préfet de la Drôme, Hugues Moutouh, l’a écrit noir sur blanc : « Devant la lourdeur et la longueur de la procédure, mais aussi le risque non négligeable de ne pas aboutir, il devient préférable, compte tenu de l’enjeu d’écarter ce site malgré les avantages qu’il semble présenter de prime abord ».
Nous avons bien conscience que cela peut heurter une partie de la population Dioise. Mais c’est la vérité.
Si Chanqueyras ne devait pas aboutir (trop cher, ou si une des clauses suspensives était activée), Chamarges ne sera jamais une alternative.
Toutes les vérités ne sont pas agréables à entendre. Mais nous préférons être honnêtes. Alors soyons le : nous nous sommes trompés.
Vendredi soir, nous avons écrit que l’hôpital et la mairie avaient signé un compromis. Erreur : c’est une promesse qui a été signée. Nous nous sommes trompés de mot, mais pas dans notre analyse. Ça ne change rien. En pratique, la jurisprudence a gommé la différence entre une promesse et un compromis. Surtout : il s’agit d’une promesse signée par deux institutions publiques (et la direction a évidemment signé avec approbation de l’ARS) – elles ne changent pas d’avis du jour au lendemain. La signature de ce document officialise bien l’engagement de la direction de l’hôpital et de l’ARS, et permet de sécuriser les 15 millions du Ségur de la Santé.
Nous posons donc trois questions simples à la liste « Unis pour Die » :
– 1 – Rien n’obligeait la direction de l’hôpital à signer cette promesse il y a quelques jours. Si elle avait vraiment l’intention de renoncer à Chanqueyras dans une semaine, en fonction du résultat des élections, pourquoi n’a-t-elle tout simplement pas reporté la date de signature ?
– 2 – Comment comptez-vous convaincre l’hôpital et l’ARS de changer d’avis, convaincre le ministère de la Culture de revoir le classement en SPR, réviser le PLUI et faire lever les contraintes de la loi ZAN en quelques mois comme vous l’avez prétendu (sachant que chacun de ces procédures prend de longues années et que les recours, suspensifs, seront inévitables) ?
– 3 – Ferez-vous preuve de flexibilité, comme l’a laissé entendre Marylène Moucheron dans le Dauphiné Libéré en ne vous arcboutant pas sur Chamarges ? Ou bien préférez-vous, comme Alain Maurice, risquer de perdre l’hôpital public (qu’il envisageait de remplacer par un établissement privé) ?
De notre côté, notre position est claire et n’a jamais variée : oui à l’hôpital public, à Chanqueyras. Le concours d’architectes pourrait être terminé à la fin de l’année, et la première pierre être posée rapidement, pour une inauguration avant la fin du mandat.
Promettre l’hôpital à Chamarges, c’est renoncer à tout cela. Die et le Diois méritent mieux.